7 au 18 juin 2027
80 h / 11 jours - Off le 12/06
La Cité Internationale de la Langue Française à Villers-Cotterêts
Inscriptions ouvertes
Date limite de réception des candidatures 02/05
Chantier ouvert à 14 artistes comédien.ne.s, chanteur.euse.s, danseur.euse.s professionnel.le.s
Faire théâtre de l’Histoire : LA COMMUNE comme champ d’expérimentation
Ce chantier propose un laboratoire de recherche théâtrale sur la Commune de Paris afin d’interroger la manière dont le théâtre peut se saisir d’un événement historique et d’en éprouver les résonances actuelles.
Durant quelques semaines au printemps 1871, Paris connaît une expérience politique inédite : après la défaite contre la Prusse et l’effondrement du pouvoir impérial, le peuple parisien se soulève et met en place un gouvernement révolutionnaire autonome. La Commune tente alors d’inventer de nouvelles formes d’organisation démocratique, sociale et populaire avant d’être écrasée dans une répression sanglante. Événement bref mais intense, la Commune demeure une fracture historique et un puissant foyer d’imaginaires politiques.
Plusieurs questions connexes structureront ce chantier : Comment la Commune résonne-t-elle aujourd’hui ? Qu’a-t-elle à nous dire sur notre actualité ? Comment représenter un tel événement historique ? Avec quelle perspective ? Que peut le théâtre comme outil de pensée historique, comme moyen de représenter l’histoire et de l’interroger au présent ?
La Commune entre en résonance avec notre époque. Elle interroge notre rapport à la démocratie, à l’engagement collectif, à la violence politique, aux mouvements populaires et aux utopies sociales.
Mais, comme pour tout événement historique, la représenter, la raconter, implique des choix de narration, de point de vue et de dramaturgie. Qui écrit l’Histoire ? Depuis quelle place ? À partir de quel point de vue ?
À travers les corps, les voix et les situations, le théâtre nous permet d’éprouver les conflits historiques de manière sensible et collective, et d’inventer des formes où passé et présent entrent en dialogue, tout en offrant un regard critique nécessaire sur la question de la représentation.
Nous envisageons donc ce chantier comme un laboratoire de formes. Plutôt que de chercher une forme unique pour raconter la Commune, nous explorerons différentes pistes dramaturgiques, en nous interrogeant sur les spécificités de chacune d’entre elles.
Le format du chantier permettra ainsi de faire coexister différentes lectures et différentes formes de représentation de l’événement, sans chercher à les unifier dans un récit unique.
Nous travaillerons à partir d’un corpus de textes de différentes natures : paroles officielles (déclarations, décrets, discours politiques), récits et témoignages personnels, textes littéraires et poétiques, textes théoriques et essais. Le travail sera également nourri par des références musicales et cinématographiques.
À partir de ces matériaux, nous mènerons un travail d’analyse dramaturgique et d’expérimentation au plateau : montage de textes, constitution d’une partition chorale, improvisations autour d’une situation, invention fictionnelle à partir d’éléments documentaires, polyphonie de récits et témoignages, travail d’écriture ou de ré-écriture etc.
Cette réflexion s’appuiera également sur plusieurs exemples d’œuvres qui ont cherché à raconter et représenter des événements historiques, notamment la période de la révolution française (nous pensons par exemple au 1789 d’Ariane Mnouchkine et du Théâtre du Soleil, ou à Ça ira (1), Fin de Louis de Joël Pommerat ou directement celle de la Commune (comme le film de Peter Watkins : La Commune (Paris, 1871)).
La première semaine permettra d’ouvrir plusieurs chantiers dramaturgiques et d’expérimenter différentes approches possibles de la Commune. La deuxième semaine sera consacrée à l’approfondissement de ces pistes et à leur développement au plateau.
Nous inviterons un·e historien·ne spécialiste de la Commune afin d’apporter un éclairage historique et critique sur l’événement, ses récits et ses représentations.
Frédéric Sonntag et Leslie Menahem



