19 au 30 janvier 2026
80 h / 11 j - off le 25/01
La Grainerie - Toulouse
Chantier ouvert à 7 clowns, 7 danseurs professionnel.le.s (les krumpeurs seront prioritaires)
Homo Suivant - Dialogue
Créer les conditions d’un dialogue entre le clown (méthode pistellaire) et le krump pour chercher les communs, les transactions et les hybridations possibles entre ces deux modes d’expression alternatifs, ces deux cultures. Apparemment très différents dans les voies qu’ils développent, il apparait pourtant des points de contact évidents que nous partagerons et mettrons en pratique pour réfléchir à leur portée sur le monde, pour réfléchir le monde autrement.
Par le partage d’un vocabulaire commun (base des règles de jeu du clown pistellaire, de la structure du krump), de l’expérimentation et l’analyse des caractéristiques communes (du corps à corps entre les interactants, de l’incarnation d’un corps réceptif, sensible et réflexif…) et des résonnances entre les deux disciplines (la figure masquée du clown, du maquillage ritualisant dans la version d’origine du krump, de l’expression intense des émotions et du visage les deux disciplines), il s’agira de comprendre, dans leur dimension esthétique, comment l’engagement corporel puissant, central et réflexif dans les deux modes d’expression (le corps à corps entre les interactants, l’incarnation de la dimension émotionnelle et réceptive du corps) produisent une subjectivité différente, une conceptualisation et un rapport au monde différent : la culture krump, le monde marginal des clowns.
De plus, tous les deux cultivés par un empêchement de s’exprimer lié à une stigmatisation sociale, une singularité perceptive, un rôle symbolique de représentant de la marge ou à des conditions spatiales de jeu et d’interaction, nous chercherons à comprendre dans une approche plus politique comment le contournement de l’empêchement comme paradigme d’échange finit par créer une forme débarrassée des systèmes d’intelligibilité dominants et ainsi propose une alternative aux modèles dominants dans nos rapports humains et au monde. Une culture refuge et émancipatrice du corps social ? Une cosmologie déviante et alternative à notre conception naturaliste ? Une puissance de résistance et de rébellion gardée en marge ? En quoi l’échange de ces pratiques pourraient nous donner des pistes alternatives vers de nouveaux modèles d’interactions ? Une proposition de « trans formation » de notre posture relationnelle au monde ?
Ainsi, c’est sous la forme d’une réflexion corporelle en dialogue entre les deux formes que nous démarrerons une recherche commune pour alimenter une réflexion sur notre transformation vers un « Homo Suivant » souhaitable et sur la place de l’art dans cette réflexion.
Caroline Obin
NB : Une présentation des travaux associée à une réflexion, sera proposée à l’issue du chantier.



