30 août au 10 septembre 2027
8 h / 11 j - Off le 05/09
Château de Goutelas (42)
Inscriptions ouvertes
Date limite de réception des candidatures : 25/07
Chantier ouvert à 14 comédien.ne.s professionnel.le.s
Colloque 2027 ou l'art de la conférence
Entre spectacle et performance, les conférences sont de plus en plus nombreuses aujourd’hui dans la programmation des théâtres et festivals. Souvent jugées comme mineures par le passé, ces formes sont devenues peu à peu l'un des procédés artistiques importants du questionnement de l'art, du théâtre et du monde. Elles véhiculent en effet des contenus singuliers, qui échappent à l’académisme et invitent à des voyages intellectuels et sensibles qui ne sont en général pas proposés dans les institutions du savoir.
Or paradoxalement, ces spécialistes de l’adresse publique que sont les artistes conférencier·e·s sont souvent des artistes isolé.e.s. Ils/elles n’ont pas de groupe de travail pour se parler de leurs problèmes de spectacles-conférences et de leurs questions d’artistes-conférencier·e·s, pas de terrain d’entraînement pour tester leurs discours, pas de plateforme d’échanges de contenus et de méthodes, pas de lieu spécifiquement dédié, pas de maison à eux, rien ne les représente. Bref, ils et elles n’ont rien, alors qu’ils et elles parlent pourtant de tout !
C’est pour répondre à ce manque que je propose de mener ce nouveau chantier « Colloque 2027 ou l’art de la conférence ».
Colloque 2027 est conçu comme un centre d’entraînement pour artistes professionnel·le·s. L'objectif de ce chantier est que chaque participant·e puisse s’initier à l’art de la conférence en expérimentant sa propre micro-conférence devant les autres membres du groupe afin de questionner le processus de travail et la proposition.
Parce que les questions posées par cette forme sont nombreuses. Car la conférence interroge forcément son auteur et le discours qu'il souhaite produire. Comment la conférence devient-elle un acte artistique ? Quels nécessités et objectifs pour l’artiste ? Quelle dramaturgie ? Quelle part de l'oralité ? du texte ? de l'intime ? de l'accident ? du mouvement ? Quelles frontières entre le réel et l'imaginaire, le vrai et le faux ? Y a-t-il autant de types de conférences que de conférenciers et conférencières ? L'art de la conférence est-il un art inné, indéfectiblement lié à la personnalité de celui ou celle qui la présente ? Ou bien y a-t-il, comme pour le clown, un travail à entreprendre pour chercher sa conférencière ou son conférencier ?
Ce chantier mettra toutes ces questions sur la table.
Chaque participant.e devra au préalable déterminer un sujet qu’il souhaite développer et interroger : tous les thèmes sont possibles à priori, de l’intime à l’universel, du singulier au pluriel, de la petite à la grande échelle, mettant en jeu l’individu, l’humanité, le vivant, le monde, la pensée, la politique, les actions, les idées, les combats, les mouvements, les évènements, les lieux, la science, la mémoire, les souvenirs, le devenir, l’art, le contenu, le contenant, les formes ou rien de tout cela… Des épinards, à un souvenir de vacances, d’une rencontre qui a changé la vie au vol d’un oiseau, de la sexualité des escargots à un objet de la vie quotidienne, etc…
Le travail consistera ensuite à chercher un questionnement puis une progression articulée, raisonnée ou déraisonnée, qui puisse faire l’objet d’une exposition devant un auditoire. Chaque participant·e apportera ainsi ses matériaux (textes, visuels, sons, objets, films, documents scientifiques, idées...) afin d’éprouver l’écriture de son discours à la table ou au plateau, tout en expérimentant sa conférencière, son conférencier, et la conférence qu'elle ou il donnera.
Riches de toutes nos inventions, nous travaillerons parallèlement à la mise en jeu d’une forme collective, sous la forme d’un colloque international improbable.
Pour nourrir le travail, nous assisterons au cours de ce chantier et grâce à internet à quelques conférences artistiques contemporaines, où la singularité du conférencier ou de la conférencière le dispute à celle de son sujet, histoire de ne pas oublier dans notre Colloque 2027 que tout est histoire de regard et de distance, et qu’à partir de là, tout peut arriver.
Frédéric Ferrer


