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18 au 28 mai 2027

80 h / 10 j - Off le 23/05

Malraux Scène nationale de Chambéry

Inscriptions ouvertes
Date limite de réception des candidatures : 04/07

Chantier ouvert à 14 artistes comédien.ne.s, danseur.euse.s, circassien.ne.s, marionnettistes professionnel.le.s etc.

À QUI ? Penser l’adresse, dire en corps, et pour toustes

À qui parle-t-on lorsqu’on (se) raconte ?
Comment une parole traverse-t-elle réellement un corps, un espace, un regard ?

Que vous veniez du théâtre, de la danse, du cirque, de la marionnette, du théâtre d’objet ou des écritures hybrides, nous chercherons ensemble comment modeler les formes selon les publics auxquels elles se destinent, et plus particulièrement à partir de cette expérience singulière qu’est celle de l’adresse aux spectateurs jeunes.

S’adresser à la jeunesse ne consiste pas à simplifier les formes.
Cela invite à les (re)penser.

Ne pas envisager “le jeune public” comme catégorie, mais faire advenir « le spectacle des premières fois », quels que soient les âges, les curiosités vives ou les imaginaires en mouvement.
Les enfants ne sont pas des spectateurs “en devenir”.
Ils sont déjà là, pleinement présents au monde.
Ils le vivent, le subissent, le questionnent déjà.
Ils observent, relient, ressentent, interprètent.

Cette adresse exigeante et ambitieuse à la jeunesse est une singularité française. Penser l’adresse à la jeunesse aujourd’hui est un geste artistique et politique car la manière dont une société regarde ses enfants, les récits qu’elle leur partage et les formes qu’elle invente pour eux racontent déjà le monde qu’elle est en train de construire.
Créer à leur adresse engage les artistes à fabriquer des formes capables d’agrandir et de densifier les gestes et les pensées sans en réduire les perceptions.
 

Comment maintenir l’exigence artistique tout en ayant l’audace de s’adresser à toustes ?
Nous chercherons cette tension-là.

Le récit d’abord.
Parce que dire reste un acte essentiel.
Dire pour partager une émotion, une traversée, une friction avec le monde.

Nous travaillerons à partir de textes contemporains, de récits, d’albums, de fragments théâtraux ou de matières narratives diverses, toujours avec cette question : comment une parole s’adresse-t-elle réellement à quelqu’un ?

Et la parole ne suffira pas.




Les corps viendront déplacer, agrandir, confronter ou bousculer ce qui est dit.
Le silence deviendra l’écho d’une émotion ou l’agrandissement d’une image mentale, d’un mouvement dansé.
 

Les récits se télescoperont aux gestes, aux courses, aux souffles et aux immobilités.

Les corps deviendront castelets, paysages ou terrains de jeux.

Dans le travail de Thierry Thieû Niang, le mouvement ouvre des espaces de perception. Il dessine du sensible en partage, au présent des présences, pour rendre visibles les tensions intérieures, les fragilités, les élans invisibles.
Dans celui d’Olivier Letellier, le récit engage frontalement la relation au spectateur. Il s’agit de chercher une parole claire, dense, adressée, capable de faire surgir des images mentales autant que des questions.

La rencontre de ces deux univers artistiques provoquera des frottements, des déplacements, des dialogues inattendus entre récit, mouvement, silence et présence.

Comment convoquer plusieurs langages à la fois pour ouvrir les imaginaires et multiplier les chemins d’accès à une œuvre ?
Comment le corps transporte-t-il l’écoute d’une histoire ?
Comment la parole influe-t-elle notre manière de regarder le mouvement ?

L’objet sera également au cœur de notre recherche, non comme objet de virtuosité, mais comme déclencheur de sensations, réservoir de mémoire, partenaire de jeu et de récit. Un morceau de tissu, une tasse ébréchée, une feuille de papier froissé, une lampe de poche, un jouet usé : des objets simples, déjà traversés par des usages, des souvenirs, des gestes quotidiens.

L’objet deviendra alors un espace de connivence sensible entre vous et le public.

Pendant ce chantier nous explorerons également la question du lieu et du in situ.

Nous travaillerons dans différents espaces de Malraux, la scène nationale de Chambéry : plateaux, couloirs, halls, escaliers, extérieurs.

Comme les objets, les espaces portent des usages, des tensions, des mémoires.

Un escalier ou un espace réduit provoquent les corps autrement.
Un seuil rapproche ou retient.
Un extérieur agrandit les regards.
Un couloir accélère ou contraint les déplacements, démesure les voix.

Ces lieux appartiennent déjà à celles et ceux qui les habitent et nous racontent déjà quelque chose du monde.

Nous chercherons ainsi à comprendre comment l’espace du dedans et du dehors porte le récit, transforme la relation au public et invite le spectateur à une expérience sensible.

Il s’agira ensemble d’inventer des formes de connivence capables de créer des complicités sensibles entre les générations, les vécus et les imaginaires.

Quel que soit leur âge, certain·es entreront par les mots, d’autres par les corps, les images, les rythmes, les objets ou les silences.

Une société qui cesserait de penser son adresse à la jeunesse appauvrirait sa capacité à rêver, à transmettre et à faire commun.

Nous vous accompagnerons à expérimenter, construire des formes courtes, in situ, collectives ou individuelles.

Vous serez stimulé·es par des élans poétiques, des déplacements de points de vue, des rencontres imprévues entre langages et disciplines.

Tous.tes ensemble nous préserverons la joie de l’invention, du jeu, du mouvement et de la rencontre : une joie curieuse, collective et vivifiante.

Une fabrique du sensible et des possibles.


Olivier Letellier et Thierry Thieû Niang


copyright visuel vignette :  © Christophe Raynaud de Lage






En partenariat avec Malraux Scène nationale de Chambéry Savoie

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Olivier Letellier
Thierry Thieû Niang
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