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Théâtre
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De la BD au plateau

18-30 mai 2020 - 2 semaines / 2 x 6 jours / 84 h

Pavillon Mazar - Toulouse

Chantier ouvert à 15 artistes interprètes professionnel.les

De la BD au plateau
© D.R.

Lola Doillon
Réalisatrice

A partir de 1991, Lola Doillon commence à travailler à différents postes de technicien dans le cinéma (assistante caméra, assistante monteuse, photographe de plateau, directrice de casting). Elle travaille en autres pour son père, Jacques Doillon (Ponette, Petits frères, Raja), et comme première assistante réalisation sur L’auberge espagnole de Cédric Klapisch.
Après avoir coréalisé en 1996 son premier court métrage Le vide dedans moi, elle réalise en 2005 Majorettes, une trilogie sur des histoires d’adolescents. Le film est sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs au festival de Cannes.
L’année suivante elle poursuit avec deux courts métrages Déjà fait et 2 filles.
Son premier long métrage Et toi t’es sur qui ? est sélectionné à Un certain regard au Festival de Cannes en 2007.
En 2011, elle réalise son deuxième long métrage Contre toi.
En 2014, elle réalise deux épisodes de la série Dix pour cent (saison 1) pour France Télévisions.
En 2016, sort son troisième long métrage Le Voyage de Fanny.
Elle réalise ensuite un documentaire sur l’histoire du hip-hop ainsi que 25 portraits de danseurs de la soirée anniversaire du festival Cité Danse de Suresnes.
En 2019, elle réalise la mini-série Moins qu’hier, plus que demain adaptée de la BD éponyme de Fabcaro qui est diffusée sur Canal +.

De la BD au plateau

Mon envie est de réfléchir et de voir comment adapter une BD à la scène théâtrale, en incluant l’image vidéo comme un outil essentiel à la continuité de l’histoire.

La BD étant un domaine très large, j’aimerais travailler sur la dernière parution de Fabcaro, Formica, qui est un auteur dont j’aime beaucoup l’univers : des situations très simples et ultra réalistes, des dialogues très précis et tranchants et énormément d’absurde.
J’ai découvert l’univers de Fabcaro il y a quelques années avec notamment Zaï zaï zaï zaï qui a déjà été adapté au théâtre.
Cet été j’ai adapté pour Canal +, une de ses BD Moins qu’hier, plus que demain en mini-série. Donc j’ai déjà commencé à travailler à l’adaptation en courtes scénettes, que j’ai filmé uniquement en plans séquences.

Pour situer Formica : tout se passe lors d’un de ces fameux déjeuners de famille du dimanche… Sauf qu’ils ne savent pas de quoi parler. Sous prétexte de trouver un sujet de conversation, ils passent rapidement en revue les sujets les plus évidents, banals. Sauf que tout ce qui est dit est poussé à l’extrême. On passe en permanence de la comédie absurde à de la tragédie.

C’est une matière qui se prête énormément à la scène vivante de par sa liberté, et finalement assez peu au réalisme d’un film. Mais ce serait intéressant de voir pourquoi et d’essayer de travailler les mêmes scènes dans une version théâtrale puis dans une version filmée avec plus d’intimité et de réalisme. Et de chercher à voir comment transformer ces mêmes scènes pour retrouver l’absurde en version filmée, nous permettre de changer de forme de narration de temps en temps.

Plusieurs domaines de travail se chevaucheront en permanence mais on peut malgré tout essayer d’imaginer le chantier ainsi :

La première semaine nous la consacrerons à la réflexion sur l’adaptation (qu’est-ce qu’on garde et comment on l’adapte ? La théorie va rapidement faire place à la pratique) et au travail des personnages et situations. Leur description est très peu marquée dans la BD et laisse énormément de liberté pour imaginer et trouver les personnages. De plus dans la BD il y a l’essence des situations mais qui s’enchainent très rapidement. Tout en gardant le ton à la fois très brut et presque naïf de l’univers, on peut vraiment s’amuser à chercher les personnages et développer les situations (avec un gros travail d’improvisation, de proposition).

La deuxième semaine pourrait être plus tournée vers la scénographie et la vidéo : Comment sortir de cette famille attablée ? Comment s’amuser avec l’espace et trouver d’autres alternatives à la narration ?
Bien que je trouve l’utilisation de la vidéo au théâtre un peu trop systématique et souvent pas nécessaire, j’aimerais voir si on peut trouver une façon d’insérer de la vidéo dans ce projet pour qu’elle soit nécessaire, qu’elle fasse partie de la continuité.

Lola Doillon

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