19 au 30 septembre 2022

70 h / 10 j

Maison Copeau - Pernand-Vergelesses (21)

Inscriptions en cours

Chantier ouvert à 12 artistes interprètes professionnel.le.s

Résonner avant de raisonner

Jouer, voir, écrire (tout en même temps)


L’improvisation, pour moi, c’est l’art d’écouter. C’est ne jamais cesser d’écouter ni d’observer, ni même de penser en jouant. Improviser, contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, est une sorte d’action « en creux ».
Ce qui guide une improvisation, c’est tout un monde de relations entre soi, les autres, des images, des sensations, et aussi des pensées, qui proviennent de notre état d’ouverture, ici et maintenant.

Penser-Parler-Bouger depuis ce monde-là.

Je travaille l’improvisation dans le jeu depuis longtemps, bien avant de me laisser emmener vers l’écriture improvisée.
On peut déjà être en état d’improvisation très profond et subtil tout en jouant un texte écrit. L’acteur.rice est créateur.rice de son interprétation, comme un.e peintre, ou même un.e auteur.rice. L’interprétation est déjà une écriture.
Tout le travail est de « ne pas nuire ». Ne pas faire quelque chose qui pourrait bloquer l’intuition singulière de chaque jour.
Et puis, voulant écrire mon premier solo, jEbRûLE, j’ai fait pas mal d’improvisations sous les yeux de Leila, pensant en tirer un texte final, et par une suite d’événements de travail, à force de dépôts, de plis et d’effeuillages, nous avons compris que le dispositif d’écriture que nous avions posé là était plus libre que nous. Que le théâtre permettait des engendrements quotidiens, des régénérations quasi perpétuelles dans l’écriture même du texte.
Il fallait seulement identifier les appuis, repérer les motifs, laisser s’enrichir notre sujet par le langage improvisé, le plus longtemps possible, et accepter de ne pas tout contrôler.

C’est ce travail que je voudrais tenter de transmettre. Par des exercices ou des jeux physiques, vocaux, et par le travail d’écoute et de relation à soi et aux autres, à travers un texte ou sans texte, parvenir à identifier ses appuis, à reconnaître des chemins, à atteindre un état propice à la « grâce » d’improviser.
Je propose d’accompagner chacune et chacun dans sa propre démarche, vers ses propres motifs, ses propres langue, grammaire, imaginaire…

Chaque participant.e devra venir avec quelque chose à accomplir. Ce peut être un texte à interpréter, ou un désir d’écriture. Et de mon côté je choisirai un texte à travailler à plusieurs, et le transmettrai à toutes et tous en amont.
Bienvenue !


Marie Payen


Où commence le théâtre ?

S’il y avait théâtre dès lors que l’on est en présence d’un corps qui joue, et d’un corps qui regarde ? C’est l’hypothèse que nous avons faite Marie et moi, et qui nous a conduite à proposer des spectacles aux équipes minuscules : sans auteur, sans metteur en scène, sans équipe ni plateau techniques.

Regarder l’acteur qui joue, c’est tout ce que je sais faire. Et c’est tout ce qui me passionne. Observer ce qu’il fait des mots, ce qu’il en fait en engageant dans le dire son corps tout entier. En s’engageant sur scène comme d’autres s’engagent dans les ordres ou dans l’armée. Regarder comment « penser-parler-bouger » est en vérité un combat pour la liberté. Et une bataille sans fin.

Regarder et recevoir. En admettant que ce qui est reçu déborde des cadres du théâtre et modifie la vie. Il est des mots que l’on n’entend plus jamais sans qu’ils ne nous ramènent, avec une certaine mélancolie, vers la bouche des acteurs qui les ont prononcés. Le théâtre n’est pas seulement du théâtre n’est-ce pas ? Et l’acteur n’est pas seulement interprète. Créateur, bâtisseur, accoucheur et accouché, il refait le monde sous nos yeux « et entre en concurrence avec Dieu ». (Romeo Castellucci). Refaisons le monde : voilà le programme.

Leila Adham

En partenariat avec la Maison Jacques Copeau

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