28 novembre au 10 décembre

84 h / 12 j

Maillon, Théâtre de Strasbourg – Scène européenne (sous réserve)

Inscriptions en cours

Chantier ouvert à 20 artistes interprètes et metteur.e.s en scène professionnel.le.s

Géopoétiques de la scène

L'artiste pluriel et la création sans frontières


Ce stage est destiné aux artistes de la scène en général (théâtre, musique, opéra, danse, cirque, performance, marionnette…), de toutes nationalités qui souhaitent développer leur capacité d'écoute et de réactivité organique au présent mais aussi mettre à l'épreuve leurs compétences et leurs outils au contact d'autres disciplines artistiques. Ce chantier propose une approche chorale, transdisciplinaire et multilingue de la création scénique.


Les notions élargies d'harmonie et de contrepoint guideront nos recherches et nos exercices quotidiens dans le but de créer des compositions complexes mettant en jeu le texte, la voix, le son, le geste, le mouvement et l'espace.


Grâce à un protocole d'entraînement rigoureux d'écoute et de réponse à l'instant et à l'instinct, nos expériences mettront en valeur la dimension essentiellement musicale, au sens large, de la scène aussi bien au niveau de l'approche du texte qu’à celles du mouvement et de l'espace.


Selon Bernard Dort, le théâtre est « une polyphonie signifiante ouverte sur le spectateur ». Cette polyphonie – métaphore et concentré du monde – est faite de sons, certes, mais également de mots, de gestes, de lumières, de couleurs, de tensions, de pulsions, de passions, de questions qui s'entrechoquent dans l’espace et dans le temps du jeu. La conscience active de cette potentialité polyphonique de l'artiste de la scène crée, transforme et met en mouvement des espaces de perception et réception aussi complexes qu'insoupçonnés.


C’est à partir d’une pulsion d’harmonie, d’une pensée dramaturgique qui contient déjà en sa genèse cette volupté chorale, qu’il sera possible de (ré)concilier ces voix errantes en un tout organique que l’on semble souvent poser comme un idéal sans d’abord oser, simplement, prêter l’oreille à la polyphonie du monde. Penser le théâtre comme une choralité n’est pas seulement penser à la communauté des spectateurs ou peupler la scène d’actrices et d’acteurs pour rendre compte de la pluralité du monde. C’est aussi penser la création comme un réseau de signes, une trame dynamique de subjectivités en action où chaque ligne doit être entendue tout en étant inscrite dans une harmonie qui la soutient et la sublime. Chercher la symphonie au sein de la cacophonie.


Marcus Borja




 vignette page d'accueil 

© Christophe Raynaud de Lage

LOGO FRANCE CULTURE.png
Marcus Borja