backhome chantiers nomades
illustration chantier nomade machine

Contact

Chantiers Nomades
4, avenue Charles de Gaulle
38800 Le Pont de Claix
Tél : 04 76 25 21 95
com chantiersnomades.com

Newsletter

Entrez votre e-mail:
Confirmez cette adresse :

Blog

Les derniers articles du blog

Accueil - Chantiers 2016 - Juger sur pièces (bis)
Théâtre
Inscription

Juger sur pièces (bis)

5 au 16 décembre 2016 - 2 semaines / 70 h / 2 x 5 jours

Maison Copeau, Pernand-Vergelesses

Chantier ouvert à 15 artistes interprètes professionnel-les

Juger sur pièces (bis)

JACQUES BONNAFFÉ
Comédien, metteur en scène

Comédien à part entière, engagé par ses choix au cinéma et sa relation aux auteurs, ou dans son parcours avec les metteurs en scène du théâtre public. Il étend sa pratique artistique à des domaines variés, lectures ou concerts parlés, mise en scène, enregistrements mémorables, performances ou banquets littéraires, accordant à la poésie vivante, qu’elle soit dialectale ou savante, une part privilégiée. Inlassable VRPoL (Voyageur Représentant de Poésie ou Lectures), les tournées bercent son temps à travers toutes les régions et dans toutes les salles.

JUGER SUR PIECES (bis)

Que se passe-t il avec les écritures théâtrales ; toutes ces variétés feuillues qui viennent gifler la porte un peu close des fabriques officielles ? N’importe quel lecteur des comités de lecture peut vous le confirmer : nous recevons de plus en plus de pièces convaincantes, malgré la difficulté à les voir montées. Oeuvres qui ne sont pas plus modestes, ni économes ou adaptés aux contraintes, non, des textes effrénés, côtoyant l’impossible. Les auteurs semblent rêver. Et déclenchent une théorie possible d’un "Rêve debout". Tu ne peux réaliser tes projets rêve toujours ! C’est ce qu’espère le public à ce qu’on dit, du rêve ! Ficeler un autre mode de médiation, sauter l’étape de la mise en scène hyper-achevée, laisser à vue l’écriture, retrouver un niveau de langage théâtral immédiat.

Cette modeste révolution impose ses priorités : trouver des lieux moins confidentiels et des heures inattendues. Etre d’heureux trouble-fête de la programmation abonnés. S’imposer comme création et présence activante, rappeler la mission de service public et l’intérêt du spectateur, lors de formules ouvertes et foraines, c’est à dire offrant la voie à déambulation entre les œuvres. Prendre le pouvoir absolu, trois ou quatre jours.

Juger sur Pièces. bis
stage de comédiens - notre objectif reste campé sur tous ces dramaturges, auteurs de pièces parcourues hâtivement par nos bandes d’acteurs énervés
pièces écrites aujourd’hui, une sorte d’actualité de l’écriture dramatique échappant au désir d’adaptation littéraire qui tend à s’installer dans tous les festivals et programmes.

D’abord nous nous retrouvons autour d’un paquet de pièces imposant. A lire, à expérimenter très vite. Mais sur place. On s’invente un mode de recherche, souple, en distribution changeante ou on procède à un travail préparatoire par petits groupes. On peut alors s’accorder deux jours pour établir un premier état, de manière à le présenter aux autres camarades, ouvrir les discussions. C’est la seule manière de découvrir des pièces, ça marche comme chez le marchand de chaussures, on ne repart pas sans avoir essayé. Lire chez soi une pièce nouvelle est un exercice assez déprimant. S’amuser à la passer de l’un à l’autre est l’objet même de l’écriture dramatique, où tous les degrés d’expérience sont admis. Ce premier geste relève du chantier de taille, les scories les débris et la sculpture à venir restent associés, toujours visibles. Et puis, on devient très savants. On lit plein de pièces nouvelles. On parle des tendances nouvelles entre spécialistes frais-moulus, experts en herbe et faux diplômés. En fin de semaine, on expose ça, avec ou sans visiteurs.

Les écritures de théâtre nous semblent de plus en plus désireuses d’une lecture partagée et d’un usage à bras le corps. Impatientes d’une expérimentation rapide. Quitte à en rester au stade d’esquisses scéniques, elles veulent au moins se faire entendre, les pièces ! Leurs auteurs se crèvent à surprendre, se mettent au diapason du monde, fouillant les modes de construction ou s’adaptant aux jeux de l’hyper communication, alors qu’ils peuvent passer des années avant d’espérer. De ce côté de la création, la mission publique du théâtre semble en veilleuse, la mise en scène des classiques, plus ou moins récents, est devenue l’activité rentable. Nous devons agir ou faire du bruit, effrayer l’institution comme toujours en France. Envahir et monter.

La proposition du chantier serait de constituer une bande entreprenante, afin de s’essayer sur plusieurs pièces nouvelles. Des bonnes, des très bonnes et d’autres moins, s’obliger à ouvrir. Repérer les thématiques. S’informer ainsi des formes de l’écriture actuelle ici et ailleurs. Inventer ensemble les modes de présentation rapide, relever les techniques et les écarts possibles. S’attacher au jeu, la langue où se trouve notre registre de comédien, lire à plat ne suffit pas. L’atelier s’en tient aux pièces écrites, aux pièces de théâtre.

Il y a une envie turbulente au projet. Elle consiste à réclamer une place effective dans l’institution. Le chantier devra se donner pour objectif de rêver des formules d’invasion, de les rédiger, d’imaginer des propositions publiques adéquates, en s’exonérant des formules mixtes. Il doit parler économie aussi, et s’imposer des rencontres avec ceux qui connaissent ces questions, et ceux qui décident. Au sortir, établir ensemble une charte de la création rapide.

Jacques Bonnaffé

© Les Chantiers Nomades 2013 - Images "machines" et charte graphique ©Studio Desperado - Site mis à jour jeudi 14 décembre 2017